Le Morvan






Paysages


Je regarde ce beau pays, le clocher dont la pierre neuve ne se salit pas, Montenoison où jamais Philippe n'est allé - il est allé tout près -, et les nuages que le paysan ne regarde pas. Un nuage, pour lui, c'est une menace de pluie. Il ne sait pas que certains nuages n'ont d'autre fonction que d'être beaux.

(Journal, 29 août 1902)


Photo Côté Morvan



Promenade à Asnan. Des clochers, des croix, des cimetières. Une croix noire avec un christ doré qui fait mal aux yeux. Petits champs soigneusement clos.

Et toujours cette stupéfaction de voir qu'il y a des êtres qui vivent là ! Une vieille dame très bien, sur le seuil d'une maison très propre, tricote, et nous accorde à peine un coup d'oeil. C'est la première fois que nous voyons ces pays, qui nous attendrissent. Nous ne sommes pas des coureurs.

Tous ces pays où mon père a chassé ! A chaque instant, je m'y croyais égaré. Là, il a tué un lièvre. Dans cette haie, nous avons perdu une perdrix rouge.


Montenoison, un des points culminants du Nivernais.

Le feu d'une forge. Un cavalier en gants blancs. Tout de suite : vie de château, images de richesse et de bonheur, châtelaine charmante.

(Journal, 27 juillet 1897)

Photo Côté Morvan


Promenade à Montenoison. Admirable vue, surtout au nord. Le Morvan un peu embrumé.

Les deux arcs croisés d'une voûte restent intacts. Le promeneur qui, au pied du calvaire, dit un Pater et un Ave a droit à quarante jours d'indulgences. Est-ce que cette vue ne suffit pas comme récompense au terme de notre ascension ?

Sur cette hauteur, des arbres, un champ de blé, une vache, une chèvre. Et toujours le cimetière plein de petits orgueils : des pierres tombales énormes. Ce qu'on se fatigue pour les morts ! Deux femmes en deuil viennent s'agenouiller sur une tombe.

L'église est fermée. Plaisir peureux à marcher sur les morts.

On monte avec orgueil sur une vieille muraille. Villages au pied : Noison, Arthel, Champlin, et Champallement perché sur un petit abîme. Étonnement de voir de jolies maisons et, dans un jardin, un monsieur à gilet blanc.

(Journal, 24 août 1906)


Photo Côté Morvan



Promenades. A Châtillon, par Saint-Saulge.

A chaque instant, par la moindre butte, le Morvan déploie aux regards du promeneur ses plus belles lignes.

Sur la route de Prémery, derrière une pauvre vieille maison, il y a un champ arrondi comme une moitié de pomme. Le blé venait d'être coupé. On ne voit pas : on devine quelque chose d'admirable. Je pousse la barrière et je vais au sommet du champ. C'est à quelques pas, et on est ébloui. C'est beau, mouvementé, et bruissant comme la mer.

Un commis voyageur ne se soucie point de ça. Il achète des cartes postales où sont écrites en vers les légendes, souvent stupides, de Saint-Saulge. C'est un poëte ou un saint qui devrait habiter cette maison qui tourne le dos à l'horizon : ce n'est qu'une vieille femme, qui pense à des choses tristes. Je pourrais dire qu'elle est aveugle, mais ce serait un effet facile.

Il y a une vingtaine de buttes comme celle-là autour de Saint-Saulge.

(Journal, 3 octobre 1906)


Pour en savoir plus sur le Morvan :

Patrimoine du Morvan



Chitry-les-Mines



Je m’excuse aujourd’hui de parler de moi. Ce ne sera pas long. C’est pour rectifier un minuscule point d’histoire locale et littéraire.

Défions-nous des biographies des grands hommes morts, car celles des petits hommes qui vivent encore, et qui peuvent donner eux-mêmes des renseignements exacts, n’échappent pas toujours à l’erreur.

Récemment, l’Indépendance de Clamecy, à la fin d’un article fort aimable dont je remercie son auteur, me faisait naître à Chaumot. Hier, le Temps, le grave journal de Paris, me présentait à ses lecteurs comme un Nivernais de Nevers, où j’aurais passé toute mon enfance.

Je réclame, poliment, mais je réclame : il le faut. Le silence serait de l’ingratitude pour mon vrai village qui est Chitry-les-Mines, près de Corbigny.

Je ne prétends pas que j’y sois né, non, puisque mon acte de naissance, dûment légalisé, affirme que ce mince événement arriva à Châlons-sur-Mayenne (je ne sais même pas où ça se trouve !), mais j’ai le droit de me dire enfant, enfant par le cœur, de Chitry-les-Mines, car c’est le pays de mon père qui fut un sage regretté. C’est bien là que sont nées mes premières impressions, et c’est jusque-là, et ce n’est pas plus loin, que remontent mes plus vieux souvenirs d’âge tendre.

Et quel charmant pays que ce Chitry !

Je ne voudrais pas dire des choses désagréables à Nevers, à Châlons-sur-Mayenne, ni même, ni surtout à Chaumot, dont je me garde de dédaigner le paysage, mais j’ose déclarer que Chitry-les-Mines ne les craint pas. Sauf des mines, il a tout. D’ailleurs il avait des mines autrefois, il y a longtemps, car la mère Françoise, qui est bien vieille, ne semble pas les avoir connues. Si elle les a connues, elle n’a pas eu la veine d’en profiter. Puisse-t-elle avoir plus de chance dans quelque village de l’autre monde !

Par la place qu’il occupe sur une belle route, souvent trop boueuse, au bord de l’Yonne, à quelques pas d’un canal, Chitry, avec son château admirable (je ne parle que de l’aspect extérieur) est un village d’une rare séduction.

Je parie qu’il donne à plus d’un touriste l’envie de s’y arrêter et d’y vivre le reste de ses jours.

Qui sait ? Chitry deviendra peut-être un centre d’excursions morvandelles. Ses auberges font de louables efforts. L’une d’elles menace de s’élever jusqu’au ciel. Le touriste raisonnable n’exige, pour son argent, que de la propreté, un bon lit et une bonne cuisine. Or, il y a d’excellentes cuisinières à Chitry, je le dis avec la sincère reconnaissance de l’estomac.

Et les promenades ! je connais une allée du bois Narteau qui peut rivaliser avec celles du bois de Boulogne. Regardez du sommet (du biquignon) de la vieille route, dans la direction de Lormes : la vue est merveilleuse. Et au soleil couchant, quoi de plus calme, pour les âmes rêveuses, que la promenade du canal jusqu’à Marigny-sur-Yonne ?

Et Chitry est encore un pays de chasse et de pêche. Demandez à l’instituteur ; pourrait-il faire le calcul des mètres de fil qu’il a trempés dans l’eau ? Demandez à Victor, qui prendrait une ville d’un coup d’épervier. Demandez à Pierre, l’impitoyable tueur de sangliers. Demandez aussi aux braconniers qui me pardonneront, je l’espère, de ne pas écrire leurs petits noms.

Il est vrai qu’on voit presque partout, sur le territoire de Chitry, de fâcheux écriteaux, vous savez, ces écriteaux qui pendent au cou des arbres et leur donnent un air de mendiants (pêche gardée, chasse gardée, payez votre procès-verbal, s. v. p.!), mais peut-être ne sont-ils cruels que pour les gens du pays, coupable d’avoir des idées moins orthodoxes que celles de M. le curé, et moins royalistes que celles du roi, et sans doute ces écriteaux, par esprit hospitalier, se décrocheraient d’eux-mêmes en faveur du touriste bienvenu. En attendant, ils servent de cibles aux cailloux des gamins qui étonneront plus tard, au régiment, par leur adresse, le capitaine de tir.

Vive donc Chitry-les-Mines ! Je suis heureux de lui rendre un hommage filial. C’est, malgré son drôle de nom, un village de choix, et si je n’étais un de ses enfants légitimes, je me dépêcherais de l’adopter.

(Écho de Clamecy, 7 mars 1903.)



Chaumot



La Gloriette. Ce que je vois de mon banc :

une route ; le canal, le bassin et son petit port, bois, tuiles, charbon, sable ;

une route qui coupe celle qui passe devant ma porte ;

l'Yonne, le moulin, le château dans ses pins et ses peupliers, le petit chemin de fer, le clocher et quelques maisons de Chitry ;

les pâtis, des arbres, des champs, et, en descendant l'Yonne, un coin où je pêche ;

Marigny et son clocher, Sauvigny et sa ferme tout près du ciel ;

un arbre tout seul dans un champ, un bois à gauche, un bois à droite, un fond boisé où coule l'Yonne, encore un village, assez loin pour qu'à chaque instant j'oublie son nom ;

à l'horizon, des collines où se dresse, fendue en deux comme une pince, la butte de Chitry Mont-Sabot, le ciel et toutes ses fantaisies de nuages.

A gauche, l'école de Chaumot, une ferme, les piles de bois du canal, les croisettes, les champs Bargeot où je chasse, des prés peuplés de boeufs ;

un groupe de petites maisons qui n'ont pas peur de s'appeler Beauregard, des champs, des blés, les bois de Souleaux où je devine Germenay, la butte d'Asnan, encore le ciel.


(Journal, 12 juillet 1901)


Le château de Chitry vu de la terrasse de Jules Renard, avec l'Yonne au premier plan

(photo Marcel Amiard)



Le Tacot du Morvan


C'était le nom affectueux et évocateur de confort que l'on donnait à la ligne de chemin de fer qui reliait Corbigny dans la Nièvre à Saulieu en Côte-d'Or), et qui a fonctionné de 1901 à 1939. Il arrivait qu'un passager nommé Jules Renard prenne sournoisement des notes sur ses compagnons de voyage.


  La ligne Corbigny-Saulieu -  Source : Wikipédia



On l'appelle aussi casse-côtes, parce qu'il secoue, comme un van, l'humeur maussade. ll faut bien rire, avec tout le monde, de ce qui paraît drôle sur le moment et ne le sera plus au souvenir.

Un vieux s'assied en face d'un soldat, et familier :

"Troisième bataillon de chasseurs ?

- Oui.

- Moi, il y a quarante ans, j'étais aux zouaves ; qu'est-ce que je dis, quarante ans ! quarante-sept ! Quelle ville ?

- Saint-Dié, répond le soldat.

- Saint-Dié ! oh la, la ! s'écrie le vieux. Ah ! le beau pays de France ! Saint-Dié ! si encore c'était Nancy.

- J'aime mieux Saint-Dié, dit le soldat.

- Allons ! je connais Saint-Dié et je connais Nancy, réplique le vieux, Nancy, c'est une ville, Saint-Dié, ce n'est rien.

- Je ne dis pas, mais moi...

- Saint-Dié, peuh ! Nancy, à la bonne heure !

- Oui, mais moi...

- À Nancy, il y a d'abord la place Stanislas.

- Oui, mais...

- Et il y a les femmes. Malheur ! Les belles femmes !

- Et à Saint-Dié ! riposte le soldat comme s'il prenait la défense de sa bonne amie.

- Non, jeune homme, dit le vieux, les  femmes de Saint-Dié ne valent pas celles de Nancy, pas près. Ah ! les jolies femmes de Nancy, des vrais cœurs, des petits beurres..."

Le reste se perd dans le bruit du Tacot.


Un instituteur se prodigue en l'honneur d'un petit gars :

"Et le département des soixante minutes, le connaissez-vous ?

- Non.

- L'Eure."

Le petit gars se tord. L'instituteur redouble et demande :

"Savez-vous le métier de cet homme ?

- Lequel ?

- Celui-là, derrière vous.

- Ma foi non.

- Il fabrique de la fausse monnaie.

- Ah !

- Il attache deux sous et ça fait deux sous liés.

- Comprends pas.

- Deux sous liés, des souliers, des chaussures : c'est un gnaf !"

Le petit gars n'en peut plus. Il trépigne et, après s'être roulé sur la banquette, il s'écrie :

"Je dirai à papa que je ne me suis jamais tant amusé !"

Qui est-ce le papa ? un député, sans doute. L'instituteur aura peut-être, enfin, le poste qu'il désire.


Une noce, ou plutôt un lendemain de noce : des figures lasses, des marques fripées, des toilettes défraîchies. On cherche les mariés. Ils dorment encore, chut ! C'est l'heure de la dislocation générale. Tous s'embrassent, sauf deux vignerons vermeils, qui se balancent debout, discutent et espèrent que le vin ne se vendra pas trop mal cette année, s'il leur en reste, car à les voir...


Une bonne grosse paysanne dans un coin. Elle rit de la bouche et des yeux à toute chose, aux affiches, au plafond, aux anges ! C'est encore pour elle un étonnement joyeux de rouler comme ça, sans chevaux, sans avoir le souci de conduire.


Un brave homme s'efforce d'être paternel avec une petite fille confiée à ses soins. Aucun succès.

Il finit par lui dire :

"Quand nous serons arrivés, je vous payerai un gâteau à la crème.

- J'aime pas la crème, répond la petite rechignée.

- Vous me laisserez la crème et vous mangerez le gâteau.

- J'aime pas les gâteaux.

- Ah ! qu'est-ce que vous aimez ? le gibier ?"

À ce mot, la petite éclate de rire pour la première fois de la journée.

Le brave homme rit aussi, un peu étonné (il n'est pas le seul) que ce simple mot ait produit tant d'effet.


Le Tacot est féministe. Il y a des "cheffesses" aux petites gares. Il ne faut pas croire que ces dames se ressemblent toutes, d'après un modèle administratif invariable. Celle-ci, par exemple, ne fait que bougonner. Elle était occupée à son ménage ; le Tacot la dérange. Son ragoût va brûler ! Les voyageurs ne pourraient-ils pas rester chez eux ? Elle reçoit ses colis comme s'ils se trompaient d'adresse. La ficelle qui attachait une douzaine de sabots se casse. Les sabots tombent pêle-mêle sur le quai. Ah ! tant pis ! chaque pied reconnaîtra le sien.

Cette autre "cheffesse" est plus distinguée.

Polie, coquette, le cou dégagé, on dirait qu'elle est venue à la gare en voisine. Elle se retrousse en passant sur les rails.

Elle tient ses feuilles d'expédition comme une lettre qu'elle porterait au train parce qu'elle a le temps, que c'est aujourd'hui dimanche et qu'il fait bon se promener.

Elle ne donne pas le départ au Tacot avec le sifflet réglementaire. Elle fait un léger signe de tête : "Allez-vous en, si vous voulez, moi je reste."


Mais à droite et à gauche, le paysage est d'une beauté qui ferait taire les plus bavards.

L'automne épand sur les bois sa couleur locale.

Les arbres cessent de former une masse verte confuse, chacun prend sa teinte personnelle et se prépare à l'hiver selon ses habitudes annuelles. Celui-là jaunit par la tête, et celui-là laisse ses feuilles mourir toutes à la fois. L'automne va bien à notre pays. Le printemps et l'automne, voilà ses deux parures préférées, avec un petit faible pour l'automne. C'est une saison qui n'a pas besoin d'histoires romanesques. Les gens vagues, qu'on écoute à peine et qu'on ne verra plus, suffisent à ce fin décor. La vraie vie intérieure commence. Le frisson brusque et sans cause connue, que les arbres se transmettent en une courte agitation, passe au cœur de l'homme soudain grave et le laisse longtemps troublé.

(Octobre 1906)


À Alligny-en-Morvan. L'homme et la femme aux trois chiens. Le train est parti. On l'arrête pour faire monter une espèce de Déroulède, sa femme, et trois chiens, dont un petit âgé de moins de trois mois. Comment se peut-il que des êtres insupportables aient d'aussi beaux chiens ?

Le Déroulède proteste. Il a les palmes.

- Le diable vous emporte de partir trop tôt !

Il tire sa montre.

- C'est la gare qui nous règle, dit l'employé, et pas votre montre.

- Un aller et retour.

- Non. Il fallait prendre votre billet à la gare. Je ne peux vous délivrer qu'un aller.

Il ne veut pas payer pour le petit chien, qui n'a rien payé depuis Paris. La femme dit :

- Ça ne se fait pas. On n'a pas le droit !

Et elle serre le pauvre petit chien sur son cœur.

À Moux, le Déroulède dit :

- Je veux parler au chef de gare.

- Le voilà.

- Je demande le chef de gare.

- C'est madame.

- Vous ne voulez pas me répondre ? Vous nous prenez pour des paysans ?

Il ne veut pas donner son nom, et il demande celui du conducteur. Enfin, il donne 20 francs, exige sa monnaie et un reçu, le reçu d'abord. Le conducteur dit :

- Moi, j'ai confiance en vous.

Enfin, le Déroulède dit :

- D'abord, moi, je n'aime pas les gens qui ne sont pas polis.

- Ça vous apprendra, dis-je au conducteur, à arrêter le train !

Et quel ignoble pantalon !

(Journal, 17 août 1904)


Pour en savoir plus sur le Tacot

Tacots du Morvan


  

Le flottage à bûches perdues



Odyssée des bûches flottantes.

- Où vont-elles ? dit un arbre.

- Je ne sais pas, dit l'autre. Elles vont à la guerre.

(Journal, 2 avril 1904)


Sur le pont, regarder le flottage des bûches qui se poursuivent et s'entrechoquent, et paraissent vraiment animées. C'est une foule de bêtes vivantes et bizarres de simplicité ; ni tête, ni membres. Elles culbrent au bas du moulin, et descendent, d'une allure rapide, aussi loin que va la rivière, qui n'a plus l'air de couler. Les bûches ruisselantes glissent, marchent ou bondissent sur elle. Quelques-unes, lasses, se séparent du troupeau et se retirent dans un coin d'eau dormante où elles s'immobilisent peu à peu. D'autres se noient. Et les poissons, que cette invasion effare, se collent contre les bords, sous l'épervier.


(...)


Elles arrivent de Château-Chinon et vont à Clamecy. On les jette à Château-Chinon le matin. Elle arrivent à Chitry vers quatre heures, selon la force du courant, à Clamecy, vers dix heures du soir. Assis au moulin, Bouliche, armé de son croc, les attend et les surveille. Il les surveille jusqu'à Marigny. Il ne faut pas qu'elles s'arrêtent à quelque fond où la rivière manquerait d'eau ; elles feraient obstruction, le flot de bois serait immobilisé, et la rivière, débordant, entraînerait les bûches dans les prés. L'eau reviendrait peut-être, pas les bûches.


Quand Bouliche voit que quelques-unes se prennent au milieu de la rivière, il quitte ses sabots, relève sa culotte, entre dans l'eau et, avec son croc, les déprend. Sur le bord de la rivière, nous suivons le flot. Parfois, deux bûches sonnent, comme quelqu'un qui marche avec des sabots. En voici une, lourde, imbibée comme une éponge, qui s'en va lentement, levant à fleur d'eau un nez d'hippopotame. Ce n'est pas près qu'elle arrive à Clamecy ! Ce doit être une bûche de l'année dernière. Elle a passé l'hiver au fond de la rivière ; elle est remontée aujourd'hui seulement, saoule d'eau.

(Journal, avril 1898)




L'épopée des bûches du Morvan telles que Jules Renard les voyait passer avant qu'elles n'atteignent Clamecy, où elles étaient réunies pour constituer des trains de bois.